A l’Excel

Toujours pas Internet, pas de boulot depuis presque deux mois et l’improductivité qui commence à me ronger et je parle même pas du sevrage shopping forcé, les temps sont rudes ! Pour ne pas devenir folle dans mon appart’, j’ai décidé de traîner dans Nancy à la redécouverte de ma ville. Et mes pas ont vite retrouvé le chemin autrefois quotidien de l’Excelsior, la brasserie à côté de mon lycée, là où j’ai usé successivement des salopettes en velours, des baggys, des jeans patte d’éph, des minijupes… et plus récemment des slims. C’est vous dire si ce lieu est chargé émotionnellement pour moi : plus de dix ans de confidences, de fous rires, de drames*, de discussions sans fin, de rencontres avec les mecs des copines… L’impression en poussant la porte tournante d’être un peu arrivée à la maison en somme.
Mais l’Excelsior c’est bien plus que ça : c’est un petit bijou, mon écrin de luxe pour après midi paresseuses à siroter un thé en lisant un bouquin, en relevant parfois les yeux pour s’abîmer dans la contemplation des vitraux. Imaginez plutôt une salle de brasserie réalisée par rien moins que Majorelle au mobilier, Gruber aux vitraux, Weissenburger et Mienville à l’architecture… Un concentré d’Ecole de Nancy qui a échappé aux destructrices années 1970. Et ça, ça vaut le coup d’être vu !
C’était la quiche, racoleuse officieuse et bénévole de l’Office de Tourisme de Nancy, à vous les studios.
* « Bogosse sort avec la blonde péroxydée de TLA, ma vie est finie, je ne connaîtrais jamais l’amûr » pouvait-on y entendre il y a dix ans !

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